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La toiture de l'église Saint-Philippe du Roule restaurée

Mise à jour le 21/06/2022
Le chantier de l'église Saint-Philippe du Roule (8e) qui a démarré mi- 2018, vient de s'achever. Cette opération d'envergure a permis de restaurer la couverture de l'édifice, la charpente, les vitraux et de nettoyer la voûte intérieure ainsi que le grand orgue.
Jusqu’en 2013, l’eau ne rencontre pas beaucoup d’obstacle pour infiltrer l’église Saint-Philippe du Roule, bijou néoclassique du 8e arrondissement. Il est urgent d’intervenir pour protéger l’édifice. On construit alors un « parapluie » qui recouvre l'église et empêche l’eau de passer. Cette solution a le mérite d’être efficace à défaut d’être esthétique. Mais des restaurations s’imposent, et vite.
Un chantier ambitieux démarre en 2018 pour 4 années de travaux mêlant différents corps de métiers.

Des restaurations longues mais nécessaires

À la recherche de la lumière

L'église Saint-Philippe du Roule est construite entre 1769 et 1784 sur les plans de l’architecte Jean-François Chalgrin. À l’achèvement de sa construction, la nef, orientée nord-sud, était inondée de lumière grâce à la grande baie sud dotée de vitraux. Puis, vers 1799, l'église se dote d’un orgue qui occulte cette baie.Tout au long du XIXe siècle, l’édifice est dans une longue quête de lumière avec le percement de l’éclairage zénithal et la création des verrières et de baies, dont la magnifique verrière de la Vierge.

L’ajout de verrières au XIXesiècle fragilise l’étanchéité de la couverture en zinc du grand comble, mais aussi les terrasses du transept couvertes de plomb. Très naturellement arrive le projet de remplacement du zinc par l’ardoise, un nouveau matériau qui semble mieux s’adapter aux nouveaux écoulements très complexes de l’édifice. Malgré tous les efforts, l’eau continuait à pénétrer dans l’édifice par la périphérie des verrières et par les chéneaux et détériorait ainsi les charpentes d’origine.La dernière réfection d'ampleur de la couverture date des années 1945-1950, juste après la Seconde Guerre mondiale.
En 1993, l'église est classée au titre des monuments historiques.

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Établir un diagnostic pour mesurer l’ampleur des travaux

Un diagnostic, établi en 2016, permet de comprendre que la charpente de la nef est intrinsèquement liée à la voûte de l’église composée de caissons en bois. Autrement dit, la charpente soutient le toit en ardoise et le plafond de l’église y est suspendu. Les infiltrations d’eau ont atteint les caissons de bois qui composent ce plafond. De plus, le bois de la charpente est également attaqué par des insectes dans la voûte et les bas-côtés. Ce diagnostic est effectué en 2016 par un architecte des monuments historiques, Pierre-Yves Caillault, accompagné de Laurent Taillandier, économiste de la construction.Les travaux de restauration des parties hautes sont estimés à 8 millions d'euros, financés par la Ville de Paris, propriétaire de l’édifice, et par l’État grâce à des subventions accordées par le ministère de la Culture.

Désigner des entreprises spécialisées dans la restauration de monuments historiques

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Cet adage pourrait résumer à lui seul la philosophie du chantier de l’église. Charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, restaurateurs de vitraux et de décors peints, menuisiers, serruriers et facteurs d’orgue sont mobilisés de concert autour de ce chantier.Les entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques ont été désignées courant 2018. Les travaux peuvent alors commencer.

Trois phases de travaux

Les travaux ont été découpés en trois phases d’intervention successives pour minimiser la gêne pour les occupants de l’église, les activités cultuelles se poursuivant pendant toute la durée des travaux.

1. Restauration de la couverture du chœur et de la chapelle de la Vierge

La rosace de la Litanie de la Vierge.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
La chapelle de la Vierge, ajoutée à l'édifice en 1845, a été la première à être restaurée. La rosace des Litanies de la Vierge a été entièrement démontée et restaurée. Comme la plupart des vitraux de cette église, elle n'est pas exposée directement à la lumière du jour. Une verrière transparente, insérée dans la toiture, protège le vitrail des intempéries et permet à la lumière naturelle de pénétrer dans le bâtiment. Toutes les verrières de protection, en verre clair, ont été remplacées au cours du chantier.
La toiture de la chapelle a également fait l'objet d'une restauration minutieuse, comme l'explique Clément Beaugendre, couvreur de l'entreprise le Bras Frères, dans cette vidéo :

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2. Restauration de la zone du transept, de la nef nord, et du bas-côté ouest

La seconde phase de travaux concerne la toiture au droit du transept et le bas-côté ouest. Comme pour la rosace de la chapelle de la Vierge, les verrières transparentes protégeant les vitraux des bas-côtés ont été restaurées.
La verrière transparente protégée au pied d'un vitrail
Ville de Paris
La toiture a également été refaite dans son intégralité. Puisque l'eau s'infiltrait, il faut organiser son évacuation. Plusieurs aspects ont été pris en compte pour sa restauration :
  • Conserver le plus de bois de la charpente d'origine ;
  • Respecter une pente de toit permettant aux couvreurs de poser les ardoises ;
  • Créer un espace de circulation sécurisé pour pouvoir intervenir sur la toiture (entretien, réparation, etc).

3. Restauration de la toiture de la nef sud, du massif de façade du bas-côté-est et remontage du grand orgue

Chaque caisson de la voûte a reçu toute l'attention des restauratrices : abîmés par l'humidité, la poussière et le temps, ils ont retrouvé une seconde jeunesse sous leurs doigts experts.
Caissons après nettoyage de la voûte de Saint-Philippe du Roule
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Enfin, le grand orgue de l'église, dont le démontage intégral a duré trois semaines en septembre 2020, a été remonté. Le facteur d'orgue a pris soin de nettoyer chacun des 1500 tuyaux le constituant.
L'orgue de Saint-Philippe du Roule possède 1500 tuyaux
Ville de Paris

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