Critique littéraire – Madeleine avant l’aube, de Sandrine Collette
Mise à jour le 08/07/2026
Dans cette critique, Muriel Laroque nous fait découvrir Madeleine avant l’aube, douzième roman de Sandrine Collette, récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2024 et le prix Goncourt des détenus 2024.
Critique par Muriel LAROQUE
Douzième roman de Sandrine Collette, récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2024 et le prix Goncourt des détenus 2024.
Dans un petit hameau, Les Montées, près du fleuve Basilic, trois modestes fermes où vivent Rose, guérisseuse la plus ancienne villageoise avec Braun, Ambre, mariée à Léon, jumelle d’Aélis, elle-même mariée à Eugène. Ils tentent de survivre dans un monde âpre et cruel, au froid, à la famine, aux travaux des champs sous le joug d’un seigneur à qui ils reversent la moitié des récoltes et de son fils Ambroisie, détraqué sexuel.
Un jour, parmi eux surgit une fillette, sauvage, affamée, condamnée à l’errance. Recueillie, apprivoisée par Rose, elle sera adoptée et aimée par Ambre qui la baptise Madeleine.
La petite va provoquer la rébellion des villageois durs au mal, mais résignés. Elle défie l’autorité, portant en elle une violence sourde avec sa petite hache. Elle se révolte contre l’ordre établi, contre les règles.
Le narrateur est Braun, ami de Madeleine, dont le lecteur, surpris, découvrira au fil des pages l’identité.
Un conte cruel, rural, sans dialogue, un roman terreux, une narration tendue qui vous happe entre tendresse, cruauté et liberté sur la vie des paysans, leurs sensations, on a faim et froid avec eux… Pourtant demeurent l’amour maternel, la fratrie et le courage de s’en sortir.
L’écriture de Sandrine Collette, auteure de douze romans, est sombre, lumineuse, elle chavire, bouscule le lecteur.
À découvrir absolument.
