Le 8e arrondissement à la loupe : découvrez le "Portrait social 2026"

Focus

Mise à jour le 28/09/2026

Personne qui marche dans le 8e arrondissement

Publié en juin 2026 par l'Observatoire social de la Ville de Paris, ce portrait dresse le panorama sociodémographique du 8e arrondissement à partir du recensement Insee (2022 comparé à 2016), des données fiscales (2021) et de la MDPH (2025).

Population : une baisse démographique freinée et un défi autour du grand âge

Avec 35 418 habitants en 2022 (1,7 % des Parisiens), le 8e est l'arrondissement le moins peuplé de Paris. Il inclut au moins 533 personnes sans-domicile (142 sans-abri recensés à la Nuit de la Solidarité 2026, 165 places d'hébergement, 226 en logement adapté) et 64 places en établissements médico-sociaux. La baisse démographique ralentit nettement (-0,5 %/an entre 2016 et 2022 contre -2,1 %/an entre 2011 et 2016, proche des -0,6 %/an parisiens), sous l'effet d'un solde migratoire négatif (-1,0 %/an) supérieur au solde naturel positif (+0,5 %/an). Les moins de 25 ans (29,4 % contre 26,9 % à Paris, dont 17,4 % de mineurs) et les 45-54 ans sont surreprésentés, contrairement aux 30-44 ans. L'indice de vieillissement (85 seniors de 65 ans et plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans) reste inférieur à celui de Paris (95). Si la part des 75 ans et plus égale celle de Paris (8,5 %, soit 2 996 habitants), leur effectif croît deux fois plus vite (+11,0 % depuis 2016 contre +5,2 %), tandis que la part de ceux vivant seuls chute à 40,0 % (-7,7 points, contre 48,2 % à Paris). Enfin, 6,8 % des habitants (2 422 personnes) ont un droit ouvert à la MDPH (9,2 % à Paris), 13,7 % sont de nationalité étrangère (14,7 % à Paris) et 12,7 % ont déménagé dans l'année.

Vie de famille : un arrondissement prisé par les couples avec enfants

Le 8e compte 17 574 ménages en 2022, d'une taille moyenne de 1,98 personne (1,84 à Paris). La part des personnes seules (47,5 %, soit 8 355 ménages) est la plus faible de Paris (53,1 %). Inversement, les couples sans enfant (21,7 %) et les familles avec enfants (27,5 %, soit 4 836 ménages, surtout au nord dans le quartier Europe) y sont surreprésentés. Le 8e affiche le 1er taux parisien de couples avec enfants (20,8 % des ménages) et le 2e taux de familles nombreuses (19,9 % ont 3 enfants ou plus), mais la plus faible part de familles monoparentales parmi les familles avec enfants (24,9 %, soit 1 213 familles, contre 35,4 % à Paris).

Habitat : un parc de grands logements marqué par les résidences secondaires

Plus petit parc parisien (27 398 logements en 2022), le 8e ne compte que 64,0 % de résidences principales (17 521 biens, contre 80,4 % à Paris), en raison du poids des résidences secondaires (22,4 %, culminant dans le quartier Champs-Élysées) et des logements vacants (13,7 %, en hausse de +21,9 % depuis 2016). Les grands logements dominent (24,8 % de 5 pièces ou plus, record parisien, contre 9,1 % à Paris, et 14,3 % de 4 pièces). Ainsi, 45,5 % des résidences principales sont sous-occupées (31,2 % à Paris) et 27,9 % sont suroccupées (4 895 ménages, contre 31,3 % à Paris). Le parc principal compte 37,6 % de propriétaires (33,4 % à Paris), 52,8 % de locataires et 9,6 % de logés gratuitement. Le taux de logements sociaux SRU reste bas en 2024 (3,9 %, soit 955 logements, contre 23,1 % à Paris), malgré un bond de +37,0 % des effectifs depuis 2019.

Emploi et activité : un territoire dynamique porté par les cadres et les jeunes

Parmi les 15-64 ans, 77,5 % sont actifs (78,7 % à Paris) et 14,6 % sont élèves, étudiants ou stagiaires (12,7 % à Paris). Les actifs comptent 54,8 % de cadres (10 415 personnes, contre 49,6 % à Paris) et 8 % d'artisans, commerçants et chefs d'entreprise, contre 19,1 % d'employés et ouvriers (23,7 % à Paris). Le taux d'emploi des 25-64 ans est élevé (82,6 % contre 80,1 % à Paris) et la part de jeunes NEET (16-25 ans) très faible (4,5 %, soit 264 jeunes, contre 8,0 % à Paris). Les contrats précaires touchent 14,3 % des salariés (1 938 personnes, contre 16,8 % à Paris), dont 44 % ont de 20 à 24 ans.

Niveaux de vie et solidarités : derrière un territoire favorisé, des fragilités à accompagner

En 2021, le 8e affiche le 2e revenu disponible médian par unité de consommation de Paris (44 100 €/an, soit 3 675 €/mois pour une personne seule, contre 29 730 €/an à Paris) et un 9e décile à 130 390 € (71 610 € à Paris). Le taux de pauvreté est très bas (10,0 %, soit environ 3 663 personnes, contre 15,6 % à Paris), mais son intensité est très forte (35,6 % contre 27,5 %) et les bas revenus (1er au 3e décile) progressent moins vite qu'à Paris. Si le quartier Europe (nord-est) concentre hauts revenus et cadres, deux secteurs du nord-ouest (Faubourg-du-Roule : autour de Courcelles/Haussmann et Friedland/Berri) cumulent davantage de pauvreté (13 % à 15 %), de logements sociaux (13 % à 26 %), de suroccupation, de jeunes NEET, de familles monoparentales et d'allocataires MDPH. Cinq enjeux prioritaires en découlent : l'offre de logements pérennes, la forte sous-occupation, l'accueil des familles nombreuses, la grande précarité financière des ménages pauvres et la prévention de la perte d'autonomie liée au vieillissement rapide.