Conseil de Paris d'octobre 2026 : les sujets portés par Catherine LÉCUYER et Éric SCHAHL pour le 8e
Mise à jour le 09/10/2026
Lors de la séance du Conseil de Paris d'octobre 2026, Catherine LÉCUYER, Maire du 8e arrondissement, et Éric SCHAHL, son Premier adjoint, ont défendu plusieurs dossiers qui concernent directement le quotidien des habitants : la natation scolaire, un futur jardin au-dessus des voies de Saint-Lazare, l'installation des médecins, l'aménagement des abords des Champs-Élysées, la rénovation du collège et du lycée Chaptal et la place du chien en ville.
Rouvrir le bassin du collège Condorcet
Avec Delphine BÜRLKI, maire du 9e arrondissement, Catherine LÉCUYER a demandé à la Ville de rouvrir sans délai le bassin d'initiation à la natation du collège Condorcet, rue d'Amsterdam, fermé depuis novembre 2018 pour des problèmes techniques et de ventilation.
Le constat est sévère : Paris n'offre que 144 m² de bassins pour 10 000 habitants, contre 244 m² en moyenne nationale. Les créneaux sont saturés et les familles comme les enseignants doivent traverser la ville. La situation va s'aggraver : dès mai 2027, la piscine Drigny (9e) fermera pour 18 à 24 mois de travaux.
Le collège accueille plus de 800 élèves des 8e et 9e arrondissements, et tout est prêt pour une réouverture :
- les parents d'élèves se disent prêts à participer à l'effort ;
- le principal du collège s'engage à loger un agent de la Ville au sein de l'établissement pour en assurer le fonctionnement ;
- le coût de la réhabilitation est désormais estimé à 1 million d'euros, et non 7 millions comme annoncé initialement.
Le vœu demande d'inscrire cette dépense en priorité dans le plan d'investissement de la mandature 2026-2032. « Le plan “Nager à Paris” ne doit pas s'arrêter aux portes de nos arrondissements. Il en va de la sécurité, du sport et de l'égalité pour nos enfants », a déclaré Madame la Maire.
Le voeu a été rejeté par la majorité municipale
Couvrir les voies ferrées de Saint-Lazare d'un jardin suspendu
Avec Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement, Catherine LÉCUYER a porté la voix des plus de 19 000 signataires réunis par l'association Les Jardins suspendus des Batignolles. Leur demande : couvrir la tranchée ferroviaire de Saint-Lazare, qui coupe nos quartiers depuis plus d'un siècle entre la place de l'Europe et la rue Cardinet.
Le projet créerait 4,5 hectares de parc urbain, un corridor écologique inédit entre le 8e et le 17e. Dans ce secteur très dense, ce poumon vert offrirait un refuge face aux canicules et rapprocherait la Ville de son objectif de 300 hectares d'espaces verts.
C'est aussi une question de santé publique. Les riverains des rues de Rome et Boursault subissent un bruit qui dépasse de 15 à 21 décibels les seuils de l'OMS. Là où la protection du bâti ancien interdit l'isolation par l'extérieur, la couverture des voies est la seule réponse durable.
Une étude de 2022 a déjà montré qu'un modèle économique mêlant plusieurs programmes permettrait de financer l'opération sans peser sur les finances de la Ville. Les travaux de SNCF Réseau prévus d'ici 2033 offrent le bon calendrier. Le vœu demande :
- une étude indépendante de faisabilité technique et économique dès le premier trimestre 2027 ;
- l'inscription des crédits nécessaires au budget primitif 2027 ;
- l'installation avant fin 2026 d'un comité de préfiguration copiloté par les maires des 8e et 17e, associant l'État, SNCF et les riverains sur un pied d'égalité.
« Après la reconnaissance transpartisane de ce projet en octobre 2025, l'heure n'est plus au constat », a rappelé Madame la Maire.
Le voeu a été rejeté par la majorité municipale
Lever le frein à l'installation des médecins dans le 8e
Dans le 8e, la majorité des médecins partira à la retraite d'ici cinq ans. Le risque de voir apparaître des déserts médicaux de proximité est réel, en particulier pour les habitants âgés ou à mobilité réduite.
Or une règle propre au seul 8e freine la relève. L'article 4 bis du règlement municipal des changements d'usage y plafonne à 50 m² la surface qu'une profession libérale peut occuper en rez-de-chaussée sans compensation. Dans les 19 autres arrondissements, aucune limite de surface ne s'applique.
Un cabinet médical moderne dépasse presque toujours 50 m² : salle d'attente, espace technique, normes d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Résultat : les jeunes praticiens renoncent à reprendre les cabinets, découragés par le coût prohibitif de la compensation.
Pour Catherine LÉCUYER, cette règle ne protège pas le logement : les rez-de-chaussée sur rue, bruyants et sombres, ne se prêtent presque jamais à des logements familiaux. « Bloquer ces transmissions ne permet pas de créer de nouveaux logements, mais compromet la pérennité de notre offre de soins. » Le vœu demande une adaptation mesurée de l'article 4 bis pour concilier protection du logement et maintien des cabinets médicaux.
Le voeu a été rejeté par la majorité municipale
Champs-Élysées : oui au réaménagement de la rue de Bassano, avec une réserve sur la méthode
La maison Louis VUITTON propose de financer intégralement, à hauteur de 2 millions d'euros hors taxes, le réaménagement de la voirie au pied de son futur établissement du 103, avenue des Champs-Élysées (délibération 2026 DVD 89). Trottoirs nettement élargis, dallage en granit du Tarn et pierre bleue, bacs végétalisés : le projet va apaiser durablement le secteur au bénéfice des piétons.
« Face à l'état de nos finances municipales, voir un acteur privé investir une telle somme pour requalifier notre voirie est une bouffée d'oxygène pour le 8e arrondissement », a souligné Madame la Maire.
Catherine LÉCUYER a toutefois exprimé une réserve ferme sur la méthode : la Ville transfère entièrement la maîtrise d'ouvrage à l'opérateur privé. Elle a rappelé qu'un autre outil existe, l'offre de concours, qui permet d'accueillir des fonds privés tout en gardant la maîtrise publique des travaux, et donc la cohérence et l'harmonie de nos rues. Elle a demandé à l'exécutif une doctrine claire sur les cas où ce transfert est réellement nécessaire.
La délibération a été adoptée.
Faire une vraie place au chien en ville, à partir de l'exemple du parc Monceau
Paris compte 100 000 chiens et plus de 200 000 maîtres. Pourtant, sur les 550 parcs, jardins et espaces verts de la Ville, seuls 165 leur sont accessibles, même tenus en laisse, soit moins de 30 %. Catherine LÉCUYER a rappelé le rôle du chien dans le lien social et pour le bien-être des personnes âgées ou isolées.
Le 8e a montré qu'un autre modèle est possible. La saison 2 de l'expérimentation menée au parc Monceau, un espace de liberté délimité de 2 000 m² où les chiens peuvent courir sans laisse, est un franc succès. Ce type d'espace fonctionne déjà dans de nombreuses capitales européennes.
Mais l'article 11 du règlement général des parcs et jardins et le règlement sanitaire départemental bloquent aujourd'hui son extension. Le vœu demande donc :
- de réviser le règlement des espaces verts pour ouvrir la grande majorité d'entre eux aux chiens tenus en laisse ;
- de créer au moins un espace de liberté sécurisé pour les chiens sans laisse dans chaque arrondissement ;
- que le préfet de police mette le règlement sanitaire départemental en cohérence.
« Pour une ville qui rassemble au lieu d'opposer ses usagers », a conclu Madame la Maire.
Le vœu a été adopté par le Conseil de Paris.
Engager rapidement la rénovation du collège et du lycée Chaptal
Éric SCHAHL, conseiller de Paris du 8e arrondissement, conseiller régional est intervenu sur les dotations de fonctionnement des collèges parisiens pour 2027 (délibération DASCO 76), alors que des lycéens se mobilisent sur les moyens de leurs établissements.
La Région consacre cette année 1,9 milliard d'euros aux lycées, et ses dotations de fonctionnement augmentent de 1,3 % en 2027, après +10 % l'an dernier.
La cité scolaire Chaptal est formée du collège et du lycée Chaptal, la Ville de Paris a la charge du collège et la région a la charge du lycée. Si la région a programmé une rénovation complète de la cité scolaire d'ici la fin de la décennie, la Ville de Paris ne s'est pas encore engagée à financer sa quote-part des études au titre du collège.
Éric SCHAHL a défendu un vœu demandant à la Ville de Paris de prendre cet engagement, vœu rejeté par le Conseil de Paris.
